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Manque de main-d’œuvre: le CISSS de Chaudière-Appalaches se rendra en Tunisie pour recruter

Manque de main-d’œuvre: le CISSS de Chaudière-Appalaches se rendra en Tunisie pour recruter
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES

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Dépassé par la pénurie de main-d’œuvre, le CISSS de Chaudière-Appalaches veut mener une mission de recrutement de préposés aux bénéficiaires en Tunisie, a appris l’Agence QMI.

«Cette année, notre cible d’embauche à nous c’est 450 préposés aux bénéficiaires, et l’année dernière, on en a embauché 379 de peine et de misère et en faisant déjà preuve de créativité. La cible de cette année est encore plus importante et on se disait: mais comment on va y arriver?», a indiqué en entrevue à l’Agence QMI Julie Gauthier, responsable du projet au CISSS.   

L’organisme public a donc décidé de prendre les grands moyens, soit l’embauche à l’étranger de 40 préposés. Si le CISSS a d’abord pensé à la France pour son recrutement, le manque de travailleurs français dans le domaine a rapidement poussé l’organisme à se tourner vers l’Afrique du Nord.   

«Ce qu’on nous dit, c’est que la Tunisie, c’est peut-être plus facile au niveau de l’intégration [qu’ailleurs]. Le français aussi est un avantage, et il y a une très bonne formation d’aide-soignant», a résumé Mme Gauthier.   

Firme pour accompagner

Le centre intégré de santé a jugé nécessaire de procéder à l’embauche d’une firme spécialisée dans le recrutement à l’étranger pour se donner les meilleures chances de réussite. Un appel d’offres, qui prendra fin à la mi-janvier, a été lancé plus tôt cette semaine.   

 «On veut être bien accompagné pour que ce soit une réussite. Autant dans la présélection des candidats que dans leur arrivée ici», a expliqué Mme Gauthier.   

Malgré la volonté de l’organisme public, il s’écoulera sans doute quelque neuf mois entre le recrutement et l’arrivée des premiers travailleurs tunisiens au Québec.    

En plus de l’embauche d’une firme privée, une «petite délégation» du CISSS fera le voyage jusqu’en Tunisie, notamment pour s’assurer que les candidats sélectionnés ont une formation pertinente pour la tâche à accomplir au Québec.   

«On devra leur donner une mise à niveau, parce qu’il y a des formations qu’ils n’ont pas, comme les soins palliatifs, par exemple», a dit Mme Gauthier.   

Intégration

D’ici l’arrivée des candidats, le CISSS assure qu’il mettra tout en œuvre pour offrir les meilleures conditions d’intégration aux quelque 40 Tunisiens qui arriveront dans Chaudière-Appalaches.   

«On est en train de vouloir mettre sur pied une structure d’accueil pour les nouveaux arrivants dans Chaudière-Appalaches, principalement pour les employés du CISSS», a-t-elle expliqué.   

Le CISSS a également engagé un dialogue avec les organismes communautaires de la région qui sont spécialisés dans l’accueil des immigrants.   

Rappelons que le ministre québécois de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a fait connaître la semaine dernière son intention de mettre de la pression sur Ottawa pour faciliter le processus d’immigration des travailleurs temporaires. Il a cependant promis de réduire de 52 000 à 40 000 le nombre d’immigrants permanents admis au Québec.