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Martineau n'est pas Hitler

Martineau n'est pas Hitler

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Récemment, le commentateur politique Luc Lavoie a comparé le gouvernement Legault à Hitler. Ses déclarations ont provoqué un tollé. Avec raison. Il a dû s’excuser.  

Mais tout aussi récemment, un humoriste a comparé un chroniqueur à Hitler, et ceux qui ont entendu ses propos l’ont applaudi.        

L’humoriste, c’est Louis T.      

Et le chroniqueur, c’est mon mari, Richard Martineau.        

À La soirée est (encore) jeune à Ici Première, Louis T. s’en prenait aux animateurs radio de Québec et aux chroniqueurs de droite, têtes de turc habituelles de l’émission.        

«Leur blessure d’ego, c’est la raison pour laquelle ils sont ce qu’ils sont. Je prends pour exemple un chroniqueur qui mentionnait dans une grande entrevue comment au secondaire il était pas bon en sport et toujours choisi en dernier et qu’il avait donc décidé de se venger en écrivant les meilleures chroniques dans le Journal étudiant dans lequel il s’attaquait à l’école et aux professeurs et qu’il était devenu une vedette populaire à son école.»         

Ici, Louis T. fait référence à une longue entrevue que Martineau a accordée à Stéphan Bureau. Sauf qu'il a tout faux. Il déforme. Dans son entrevue avec Bureau, mon mari n’a jamais fait de lien entre sa performance sportive nulle et ses textes dans le journal étudiant! N’a jamais dit qu’il se vengeait en écrivant des textes! Et n’a jamais dit qu’il parlait en mal de l’école et des profs pour se rendre populaire! Mais bon, depuis quand Louis T. se soucie des faits?        

Bref, l'humoriste invente une histoire au sujet d'un vilain chroniqueur pour que ça rentre dans son narratif. Et voilà qu'il conclut en faisant ce parallèle sordide entre un dictateur sanguinaire et un un polémiste.    

«Et ça en revient toujours à ça. Si Hitler avait été accepté à l’école des Beaux-arts et si le chroniqueur avait été bon en sport...»         

L’animateur et ses acolytes se mettent à rire. Haha, bien entendu, si le vilain chroniqueur avait été bon en sport, il ne se vengerait pas aujourd’hui en écrivant des vilaines chroniques, exactement comme Adolf Hitler qui n’aurait pas exterminé des millions de Juifs s'il avait réussi l'examen d'entrée de l'Académie des Beaux-Arts de Vienne.        

À aucun moment Jean-Philippe Wauthier ne stoppe Louis T. pour lui dire qu’il vient de comparer un simple chroniqueur à un dictateur qui a envoyé des millions d’innocents dans des fours à gaz.        

Plus tôt dans l’émission, Olivier Niquet avait ridiculisé Luc Lavoie et sa comparaison «ad hitlerium» en disant qu’il y avait eu dans les débat sur la laïcité «une surenchère de comparaisons boiteuses».         

Mais quand, devant le même micro, quelques minutes plus tard, un humoriste dit que le destin de vie de Richard Martineau a suivi le même chemin que celui d’Hitler, personne ne s’offusque?         

Louis T. a parfaitement le droit de critiquer le travail des chroniqueurs (et des chroniqueuses) dont il n’apprécie pas le travail. Mais les comparer à Hitler? Déformer leurs propos?        

Alexandre Leblond et Dominic Maurais de CHOI ont dénoncé cette déclaration odieuse de Louis T.        

Mais comment se fait-il que personne d’autre n’ait condamné ces propos?         

Guy Nantel a été lynché sur la place publique pour avoir fait une blague sur une femme.         

Mais Louis T. peut comparer mon mari à Hitler et la clique des ti-namis de Louis LimiT. trouve ça drôle?