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Un meurtre par compassion est-il un meurtre au deuxième degré?

Michel Cadotte
MARTIN ALARIE/JOURNAL DE MONTRÉAL Michel Cadotte

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Lorsqu’un meurtre est commis par compassion, c’est qu’il y a une intention et un désir de mettre fin aux jours de la personne pour qu’elle arrête de souffrir, a soutenu aujourd'hui le Dr Gilles Chamberland, en direct sur QUB radio.   

«Plus ce meurtre-là serait fait par compassion, plus il y a une intention en arrière de ça, plus il y a une réflexion et un désir de mettre fin à ses jours pour que la personne arrête de souffrir», a expliqué aujourd'hui le psychiatre à l’émission Dutrizac de 6 à 9, traitant du procès de Michel Cadotte, ce Montréalais accusé du meurtre de sa femme atteinte d’Alzheimer.     

«Donc, plus c'est fait par compassion, plus c'est difficile de dire qu'il n'y a pas une intention. Et le problème est que le meurtre au deuxième degré est basé là-dessus: est-ce qu’on a l’intention de tuer ou est-ce que c’est un homicide involontaire?» a souligné Dr Chamberland, qui était le psychiatre expert de la Couronne dans ce procès.   

«Plus c’est un meurtre par compassion, plus on s’approche de la réflexion du deuxième degré et plus on met le jury dans la difficulté de voir autre chose», a-t-il précisé.      

En entrevue avec Benoît Dutrizac, il a rappelé que le meurtre par compassion n’existe pas dans le Code criminel. «Si c’est un meurtre par compassion, si on démontre qu’il y a une intention, automatiquement, c’est 25 ans, pas libérable avant 10 ans. C'est sûr que c'est énorme, parce qu'il y a des gens qui vont avoir une sentence équivalente pour avoir fait des meurtres beaucoup plus crapuleux.»           

  • ÉCOUTEZ l'entrevue complète du Dr Gilles Chamberland à Dutrizac de 6 à 9:    

  

Quelle compassion?   

Michel Cadotte a-t-il tué sa femme atteinte d’Alzheimer par compassion, pour qu'elle arrête de souffrir? Selon un psychiatre et un psychologue chargé de l'évaluer, la réponse est non. «On parle ici des gens qui ont évalué M. Cadotte pour la défense et, pour eux, c’était un geste purement impulsif, a affirmé le psychiatre. Il est arrivé à ce moment-là et, pour un ensemble de circonstances, comme une dépression et un lendemain de veille, il a agi sur le coup, sans être capable de réfléchir.»     

Par ailleurs, le Dr Gilles Chamberland a également tenu à faire la distinction entre la compassion que l’on peut ressentir vis-à-vis d’une personne souffrante et celle que l’on peut ressentir «pour nous-mêmes, de voir un de nos proches souffrir».      

«C’est normal que, quand on voit quelqu’un proche de nous dépérir, on en ait une certaine souffrance. Donc, c’est de distinguer la compassion qu’on a pour les autres versus notre compassion à nous qui n’en [pouvons] plus de voir quelqu’un souffrir, alors que la personne ne souffre peut-être pas nécessairement elle-même.»

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