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Première rencontre entre François Legault et Yves-François Blanchet vendredi

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Une première rencontre est prévue ce vendredi entre le premier ministre du Québec, François Legault, et le nouveau chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet.

Le nouveau chef bloquiste a bien l’intention de devenir le premier allié du gouvernement du Québec à Ottawa. À première vue, Yves-François Blanchet et François Legault seront sur la même longueur d'onde sur l’ensemble des sujets à l’ordre du jour.

Un gouvernement du Québec nationaliste

Le premier ministre Legault le dit haut et fort, son objectif est d’aller chercher plus de pouvoirs à Ottawa. Il veut donc profiter des quelques mois avant l’élection d’octobre 2019 pour exercer des pressions auprès du gouvernement fédéral et faire des avancées. À son bureau, on voit d’un bon œil cette nouvelle relation avec le chef du Bloc. On indique que tous ceux qui défendent les dossiers et les positions du gouvernement sont des partenaires.

À nouveau la semaine dernière, le premier ministre Legault critiquait durement Justin Trudeau, qui a refusé d’accéder à la demande de Québec de gérer une seule déclaration de revenus. Le premier ministre Justin Trudeau «en paiera le prix politique», a-t-il affirmé.

Lorsque la question a été posée à savoir si son gouvernement nationaliste était tenté de soutenir un parti comme le Bloc, le premier ministre Legault a répondu: «Il y a un ensemble de mesures proposées par les partis politiques. Le Bloc est un parti souverainiste, nous ne sommes pas souverainistes. Il y a plusieurs dossiers, mais, comme j’ai commencé à le faire, je vais continuer d’être très clair, à défendre les dossiers qui sont pour les intérêts des Québécois.»

Le nouveau conseiller du premier ministre québécois en matière fédérale et internationale, Mario Lavoie, un ancien collaborateur de Jean Charest, doit assister à la discussion.

Le chef du Bloc est le troisième leader d’une formation fédérale à rencontrer le premier ministre du Québec. Depuis son élection, François Legault a rencontré le chef conservateur, Andrew Scheer, et le premier ministre Trudeau à quelques reprises.

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Une longue liste de dossiers à aborder

Parmi les sujets à l’ordre du jour se trouve l’avenir incertain de la firme SNC-Lavalin, qui s’est vu refuser un accord de poursuite suspendue par le Service des poursuites pénales du Canada. Malgré la tourmente dans laquelle se retrouvent Justin Trudeau, son entourage et l’ancienne ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, le premier ministre Legault et le chef du Bloc estiment tous deux que le fleuron du génie québécois et ses quelque 10 000 emplois au Québec doivent être préservés.

Le projet de loi 9 sur l’immigration dans lequel Québec exige le pouvoir d’imposer des conditions de sélection aux résidents permanents et la mise sur pied de tests de valeurs et de français doit aussi être abordé durant la rencontre. Les discussions se poursuivront entre Ottawa et Québec, mais, déjà, le gouvernement Trudeau se montre très peu favorable et remet en question la constitutionnalité du texte législatif, ce que dénonce le Bloc.

Toujours dans le dossier de l’immigration, Québec s’impatiente puisqu’il n’a toujours pas reçu de dédommagement pour l’accueil des migrants. Québec exige une compensation de 300 millions $ pour la gestion de la crise des migrants irréguliers. En 2017 et 2018, quelque 38 000 migrants sont arrivés au Québec par des points d’entrée illégaux.

Par ailleurs, la question de la réduction de 20 % des cibles d’immigration promise par la CAQ est loin d’être réglée. Ottawa, qui doit donner son aval à la diminution des seuils dans le cadre de la réunification familiale et de l’accueil des réfugiés, ne se cache pas pour dire qu’une réduction des seuils est incompatible avec la pénurie de main-d’œuvre qui frappe les régions.

Dans l’ensemble de ces dossiers, le Bloc et son chef, Yves-François Blanchet, dénoncent la gestion, la réaction et l’intransigeance du fédéral. Il en est de même pour les autres enjeux qui seront abordés, soit l’avenir du chantier maritime Davie de Lévis, et la compensation pour les producteurs laitiers touchés par le nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique.