/sports/hockey
Navigation

Cole Caufield, motivé par le grand frère

« Chaque jour de notre enfance, Brock m’a forcé à me dépasser », Cole Caufield

Brock et Cole Caufield
Photo courtoisie, Tom Lynn, wisconsin athletic communications. Brock et Cole Caufield sont alimentés par la passion du hockey.

Coup d'oeil sur cet article

Choix de premier tour du Canadien lors du dernier repêchage, Cole Caufield a rapidement indiqué qu’il souhaitait se joindre au Tricolore à la fin de la présente campagne. L’attaquant de 18 ans a mis toutes les chances de son côté en connaissant un brillant début de saison avec les Badgers de l’Université du Wisconsin. Le Journal de Montréal s’est rendu à Madison pour rencontrer la jeune sensation, de même que ses coéquipiers et son entraîneur. 


MADISON, Wisconsin | L’histoire de Cole Caufield n’est pas différente de celles de centaines de milliers de jeunes hockeyeurs à travers le monde : sa passion pour son sport est indéfectible et le suit depuis pratiquement la naissance.

« Toute ma vie a tourné autour du hockey, a raconté le choix de premier tour du Canadien. Je suis tombé en amour avec ce sport à un très jeune âge. J’adorais tout ce qui touchait au hockey. J’aimais le regarder à la télé et jouer au mini-hockey dans le sous-sol. Mais, par-dessus tout, j’ai toujours aimé passer du temps à l’aréna. »

Caufield avait deux ans lorsqu’il a chaussé les patins pour la première fois avec l’objectif d’imiter Brock, de deux ans son aîné. Encore aujourd’hui, il estime qu’il n’aurait pas connu un développement semblable sans la présence de son frère.

Bien sûr, l’exemple du paternel était également bien présent. Ancien joueur et détenteur du record de buts (126 en 148 matchs) des Pointers de Stevens Point, en division III de la NCAA, entraîneur de ses deux fils et responsable du petit aréna local, Paul Caufield a, bien entendu, eu une grande influence. Mais rien de mieux qu’un grand frère à qui l’on veut prouver son savoir-faire pour s’améliorer.

« Il a été un gros facteur. Chaque jour, il m’amenait à me défoncer sur la patinoire. Il m’a beaucoup aidé, a déclaré Caufield. Chaque jour de notre enfance, il m’a forcé à me dépasser. »

« Brock est quelqu’un qui n’abandonne jamais et qui travaille constamment. Au niveau de l’éthique de travail, j’ai beaucoup appris de lui. Il voulait être constamment sur la glace et rester jusqu’à la dernière minute », a-t-il ajouté.

Situation étrange

Mis au parfum des propos de son jeune frangin, l’aîné sourit.

« C’est bien gentil de sa part, mais je sais que si les rôles étaient inversés, je dirais la même chose. Lui aussi m’a toujours forcé à me dépasser. On est chacun une grosse partie de l’autre », a-t-il soutenu.

« On ne veut pas perdre l’un contre l’autre. Même lors des entraînements, on veut toujours avoir le dessus. On veut chacun être le meilleur sur la glace. Ça ne changera jamais », a poursuivi Brock, qui se qualifie lui-même d’attaquant couvrant davantage les 200 pieds de la patinoire.

À ce propos, on est en droit de se demander s’il n’est pas un peu exaspéré que les réflecteurs soient tous pointés sur son frère. Après tout, Brock est un vétéran des Badgers, lui qui amorce sa deuxième saison sous les couleurs de l’Université du Wisconsin.

« Je ne suis pas jaloux. Au contraire, je suis heureux de voir son travail récompensé, a-t-il assuré. En fait, je trouve surtout ça étrange. Parce que pour moi, il sera toujours mon petit frère. »

Dernier tour de piste ensemble

D’ailleurs, on a beau vouloir en savoir un peu plus sur Brock, ce dernier ramène presque invariablement ses réponses sur son jeune frère. « Vous regarderez ce qu’il fait à la fin des entraînements... Remarquez de quelle façon il tire la rondelle... Il est tellement bon et intelligent. »

D’accord, mais toi, Brock ?

« Je rêve aussi au hockey professionnel. Je suis allé au camp de développement à Los Angeles, l’été dernier. C’était ma première expérience dans la LNH. J’espère en avoir d’autres comme celle-là. »

Une chose est certaine. Cette saison avec les Badgers risque d’être la dernière où les deux auront la chance d’évoluer au sein de la même équipe.

« On vient d’être séparés pendant trois ans, a-t-il soutenu rappelant qu’ils ont été coéquipiers à quelques occasions au hockey mineur. J’ai trouvé ça long. Je suis heureux qu’on soit de retour ensemble. On se parlait souvent, mais il m’a manqué beaucoup. Beaucoup plus comme frère que comme coéquipier. »

Ils comptent bien reprendre le temps perdu et profiter de ces derniers moments à se côtoyer sur une base quotidienne.

Préoccupés par les débuts de Jack Hughes

Cole Caufield voit grand. Et on peut le comprendre. D’abord en raison de son talent. Après tout, il a fracassé quelques records du programme de développement américain.

De plus, Jack Hughes, son joueur de centre des dernières saisons et tout premier choix du dernier repêchage, a déjà amorcé sa carrière avec les Devils du New Jersey.

Or, Hughes connait des débuts plutôt modestes dans le circuit Bettman. Blanchi à ses six premiers matchs, il a dû attendre sa septième rencontre pour récolter un premier point : un tir qui a ricoché sur son bâton avant de frapper la culotte de Miles Wood et de traverser la ligne rouge. On parle pratiquement d’un accident.

La veille de ce premier point, un peu inquiet de l’état d’esprit dans lequel son ancien coéquipier pouvait se trouver, Caufield lui a passé un coup de fil.

« Il m’a dit qu’il allait bien et qu’il était dans de bonnes dispositions. Il comprend que c’est le circuit le plus difficile au monde, qu’il lui faudra quelque temps pour s’ajuster et qu’il faudra également travailler fort », a raconté la recrue des Badgers au représentant du Journal.

Ramenés sur terre

Il n’y a nul doute. La période d’adaptation que traverse Hughes, qui a ajouté un but depuis, replace bien des rêves en perspective. Alex Turcotte, également membre du programme de développement américain au cours des dernières saisons, et cinquième choix au total (par les Kings) en juin dernier, le constate.

« Il était notre meilleur joueur l’an dernier. D’ailleurs, c’est le joueur le plus talentueux avec lequel j’ai joué dans ma carrière. Par conséquent, le voir traverser ces moments un peu plus difficiles démontre à quel point la LNH est relevée », a-t-il reconnu.

Toutefois, l’adversité à laquelle Hughes fait face n’empêche pas les étoiles de scintiller dans les yeux de ses deux anciens coéquipiers lorsqu’ils parlent de leur bon ami.

« Jack a 18 ans et il joue dans la LNH. Difficile de demander mieux ! », a mentionné Turcotte.

« C’est toute une expérience qu’il vit présentement. Il joue dans la meilleure ligue ! Oui, ça pourrait aller mieux, mais je suis vraiment heureux pour lui. Je suis content qu’il ait enfin pu inscrire son premier point. Espérons que ça pourra le lancer », a rétorqué Caufield.

Puisque Hughes est promis à une belle carrière, c’était probablement le premier de quelques centaines.