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Rory MacDonald «voit» un K.-O. au premier round

Samedi, le champion basé à Montréal défendra son titre pour la première fois

Rory MacDonald «voit» un K.-O. au premier round
Photo Courtoisie Amanda Westcott / DAZN

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Rory MacDonald (20-5), champion des mi-moyens Bellator et produit du gym montréalais Tristar, mettra sa nouvelle discipline et détermination au défi samedi, alors qu'il tentera de défendre son titre pour la première fois contre le vétéran Jon Fitch (32-7) à San Jose.  

Entre son couronnement en 2018 et sa première défense, l'athlète de 29 ans qui réside dans la région de Montréal a subi un cuisant revers contre Gegard Mousasi en septembre.     

L'ancien membre de l'UFC tentait de devenir champion d'une deuxième catégorie, un exploit qu'aucun membre de Bellator n'avait accompli à ce moment.

Bellator, une organisation professionnelle d'arts martiaux mixtes, est la principale menace au «monopole» de l'Ultimate Fighting Championship (UFC). Appuyé par le conglomérat médiatique Viacom, son niveau de compétition est le plus élevé derrière l'UFC.

«Cette défaite m'a ouvert les yeux sur une série de choses, explique le natif de la Colombie-Britannique. Dieu a utilisé cette situation pour me montrer ce que je devais changer dans ma vie. Je n'étais pas vraiment concentré sur mon combat, j'étais distrait à propos d'autre chose. Cette défaite m'a rappelé que je me dois d'être investi à 100% dans mon entraînement et dans ma préparation. Aussi, j'ai mis Dieu et sa parole en premier dans ma vie, et ça a transformé ma vision sur la vie en général, en plus de m'apporter une motivation supplémentaire. Ça fait une grosse différence.»     

En discutant avec Rory, on sent que cette différence est bien réelle, et qu'elle influence positivement sa confiance:    

«J'ai un feeling que ça se terminera au premier round, que je l'emporterai par K.-O. ou T.-K.-O.. Évidemment, je suis préparé pour une guerre de cinq rounds. Je sais qu'il est résistant, endurant, et qu'il peut revenir de l'arrière pour l'emporter. Il reste dangereux.»    

Rory MacDonald «voit» un K.-O. au premier round
Photo Courtoisie Amanda Westcott / DAZN

Jon Fitch, 41 ans, a été déclassé par Georges St-Pierre il y a déjà plus d'une décennie. Il est présentement sur une séquence de cinq victoires.   

Libéré par l'Ultimate Fighting Championship (UFC) en 2013, le lutteur est devenu champion de World Series of Fighting (maintenant Professional Fighters League) en 2016, quelques mois après qu'il ait échoué à un test antidopage.     

D'ailleurs, l'entraîneur-chef réputé de Tristar et de Rory n'a pas hésité à qualifier Fitch de tricheur.    

«C'est immoral et un crime, selon moi, a dit à DAZN celui qui était dans le coin de GSP lors de son duel contre Fitch en 2008. La vérité, c'est qu'il n'est pas aussi bon que les gens le pensent. Il n'est qu'un tricheur.»     

L'athlète dans la quarantaine n'a échoué qu'à un seul test. Rien n'indique qu'il prend une substance qui améliore ses performances. Même si c'était le cas, son adversaire ne s'en préoccupe pas vraiment.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

«Pour être honnête, ce n'est pas quelque chose que je contrôle, donc je n'y pense simplement pas», répond un Rory MacDonald clairement concentré sur la tâche qui l'attend samedi au SAP Center de San Jose.     

Bellator vient de conclure un tournoi de poids lourds qui a couronné Ryan Bader, déjà champion à 205 livres, comme le nouveau roi de cette division.     

Scott Coker, le président de l'organisation, répète la formule à 170 lb.

Neiman Gracie, Douglas Lima et Michael Page sont toujours de la partie. Les deux derniers s'affronteront pour déterminer qui sera de la finale. Lima possédait la ceinture jusqu'à ce que Rory en décide autrement et lui la prenne en janvier 2018.    

La seule différence entre le tournoi des mi-moyens et celui des poids lourds, c'est que le champion actuel doit défendre son titre chaque combat.     

Aussi, le vainqueur encaissera un beau gros chèque d'un million $.   

«Je suis vraiment excité à propos de ce tournoi. C'est le premier de ma carrière, et c'est une chance incroyable qui s'offre à moi. Je crois que la finale m'opposera à Lima. Ça ne me dérangerait pas de me rebattre contre lui», lance-t-il sans trop s'avancer, bien conscient des défis et du travail qu'il lui reste à accomplir avant d'accéder à cette étape.    

Rory MacDonald «voit» un K.-O. au premier round
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse

Rory, qui semble plutôt réservé, est passé d'un athlète «comme un autre» au sein de l'UFC, avant de devenir le visage de Bellator et de devoir négocier avec les projecteurs qui pointent constamment en sa direction.    

«Je me contente d'interagir de façon normale avec les autres, comme une conversation entre deux personnes. J'essaie de ne pas trop analyser tout ça, je le prends comme ça vient. Au final, je ne fais que mon travail», précise Rory quant à sa façon de voir sa popularité.    

Un autre cadeau  

En août, la famille MacDonald accueillera un nouveau membre: Olivia, la femme de Rory, est enceinte d'un garçon.   

«Elle (Olivia) est toujours avec moi la semaine précédant le combat. Elle est une partie importante du succès que je connais. Elle m'aide avec à peu près tout. C'est génial de l'avoir avec moi. On est dans cette aventure ensemble, après tout.»     

En plus de sa nouvelle façon de voir le monde grâce à Dieu et le soutien de sa femme, la naissance de son premier enfant a aussi contribué à cette nouvelle vision de la vie adoptée par l'un des meilleurs combattants sur la planète:    

«Ça recentre ton attention, c'est certain. Évidemment, ça change une vie: je dois être plus responsable, m'assurer que ma famille ne manque de rien. Mes temps libres sont maintenant utilisés de façon différente. Je suis plus souvent à la maison. C'est quelque chose que j'ai toujours voulu, c'était carrément un rêve d'avoir ma propre famille, et là, je vis mon rêve chaque jour.»   

Rory MacDonald «voit» un K.-O. au premier round
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse

On pourrait même dire qu'il vit activement deux rêves: celui d'être un père de famille accompli, mais aussi d'être champion du monde.    

Est-ce que le fils de Rory suivra les traces de son père?   

«Je ne le forcerai pas à en faire, mais j'aimerais bien qu'il pratique les arts martiaux mixtes, ou du moins qu'il essaie. Pour ce qui est d'une carrière de combattant, je ne lui recommanderais pas, non», imagine le Canadien.     

Satisfait de sa situation actuelle au sein de Bellator, il ne se voit pas évoluer pour une autre organisation, mais «ne peut pas confirmer» à ce point-ci de sa carrière.     

MacDonald est le visage de Bellator. En juillet 2015, il a participé au «meilleur combat de l'histoire de l'UFC» contre Robbie Lawler, selon ESPN. Champion respecté de ses pairs et de ses fans, il n'a plus rien à prouver à personne, si ce n'est qu'à lui-même.    

En septembre, le mi-moyen a tenté de battre le champion des moyens, Gegard Mousasi. Malheureusement pour le protégé de Firas Zahabi, il s'est incliné par K.-O. technique au deuxième engagement.    

Rory MacDonald «voit» un K.-O. au premier round
Photo Courtoisie Amanda Westcott / DAZN

À quelques semaines de son 30e anniversaire, est-ce que «Red King» rêve encore de la ceinture à 185 lb?    

«Non, ce n'est plus un de mes objectifs. Je n'y ai pas vraiment pensé, à vrai dire. Je suis vraiment concentré sur ce tournoi. C'est tout ce qui m'importe», souligne-t-il, sans broncher, toujours concentré sur ce qu'il doit faire samedi.      

Rory MacDonald mettra son titre des mi-moyens Bellator et sa place dans le tournoi en jeu samedi, alors qu'il affrontera Jon Fitch au SAP Center de San Jose.     

La carte principale débute à 22h et sera diffusée exclusivement sur le service de diffusion numérique, DAZN.