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Salon international du livre de Québec : Sauvageau expliquera sa version

 Salon international du livre de Québec : Sauvageau expliquera sa version
Photo Jean-François Desgagnés

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Suspendu avec solde à la suite des révélations de notre Bureau d’enquêtes, le PDG du Salon international du livre de Québec compte expliquer ce qui l’a mené de nombreuses fois au Bénin aux frais de l’organisation.

Philippe Sauvageau, 79 ans, rencontrera les médias mercredi matin au Hilton Québec. Joint par notre Bureau d’enquête, M. Sauvageau a indiqué qu’il était toujours employé du SILQ. Il donnera cependant sa version des faits en son nom personnel. 

«C’est moi qui l’organise. C’est Philippe Sauvageau», a-t-il mentionné lors d’un appel téléphonique. 

M. Sauvageau est suspendu temporairement avec solde en raison de révélation, il y a deux semaines, de notre Bureau d’enquête concernant ses nombreux voyages coûteux au Bénin. 

Il a visité ce petit pays d’Afrique neuf fois dans les douze dernières années aux frais du SILQ. Il a également admis qu’il payait la traite à ses invités là-bas, citant en exemple les pratiques de SNC-Lavalin­­­ en Libye. 

Excluant les billets d’avion, la facture pour l’ensemble de ses déplacements dans la petite république africaine s’élève à environ 30 000 $. 

En 2007, il s’y est rendu deux fois. 

Chaque année, le SILQ reçoit près de 290 000 $ en subventions. 

Depuis sa suspension, le SILQ a fait changer les serrures des bureaux de l’organisation. 

«Je n’ai pas accès à rien. Je ne peux même pas aller à mon bureau pour aller chercher des pièces», signale le PDG suspendu. 

Enquête et intérim

Le conseil d’administration est également critiqué pour sa gestion. Au cœur de la crise, Daniel Gélinas a été nommé directeur général par intérim de l’organisation à but non lucratif. 

Entre-temps, la firme Mallette a obtenu le mandat de revoir « en profondeur » les dépenses liées à ces voyages et les représentations de Philippe Sauvageau. 

La rémunération globale de M. Sauvageau ainsi que les contrats de sous-traitance reçus par sa conjointe seront également étudiés. 

Depuis 16 ans, sa conjointe, l’artiste Odette Drapeau, obtient un contrat important de la part du SILQ; fabriquer des reliures d’art pour les livres des récipiendaires de prix remis lors du Salon. 

Une enquête administrative s’ajoutera aux mesures mises en place. 

Le SILQ a également nommé un comité-conseil spécial afin de « préserver le processus d’une enquête approfondie ». 

La gouvernance de l’organisation est actuellement revue « dans une perspective de transparence et de saine gestion ». 

Présidente du CA de 1998 à 2008, Renée Hudon a soutenu à notre Bureau d’enquête que Philippe Sauvageau avait des amitiés en Afrique, qu’il avait peut-être caché certaines choses à l’époque et qu’il avait beaucoup de pouvoir.