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«Scènes de la vie conjugale»: entre amour et solitude

«Scènes de la vie conjugale»: entre amour et solitude
PHOTO COURTOISIE/Yanick Macdonald

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Malheureusement pour ceux et celles qui sont insatisfaits en couple, l’herbe ne semble pas plus verte ailleurs, selon la pièce «Scènes de la vie conjugale» jouée au Théâtre de Quat’Sous. 

Adaptée et mise en scène par James Hyndman, cette production est tirée de l’œuvre télévisée et cinématographique du même nom créée par le célèbre réalisateur suédois Ingmar Bergman au début des années 1970. On y retrouve Johan, interprété par James Hyndman, et Marianne, incarnée par Evelyne de la Chenelière, seuls sur les planches. 

Leur séparation et leur tentation à renouer constituent l’essentiel du récit, divisé en tableaux répartis sur une vingtaine d’années. Il pourrait donc aussi bien s’appeler «Scènes de la vie post-conjugale». 

Malgré une certaine intimité entre les personnages, il règne un vide en eux et entre eux qui déteint sur l’ensemble. Se laisser pour assouvir sa soif de liberté, pour ensuite se caser ailleurs et tomber ainsi dans l’ennui qui pousse à vouloir renouer. Dans ce ballet, la solitude pousse à chercher l’amour, mais l’impossibilité d’aimer pousse vers la solitude. Sur le fond, le propos de Bergman semble toujours aussi pertinent, mais sur la forme, les dynamiques sociales ont changé. 

«Scènes de la vie conjugale»: entre amour et solitude
PHOTO COURTOISIE/Yanick Macdonald

Temps nouveaux 

Cette production reflète l’époque très genrée dans laquelle elle a été écrite: la femme «fait son possible» pour satisfaire sexuellement son mari, loin d’être rassasié; l’homme quitte sa femme et abandonne ses enfants; la jeune nouvelle copine est jalouse de l’ex-épouse; l’homme est égoïste et cérébral, tandis que sa femme prône l’engagement et la communication, etc. 

Le rythme lent de la pièce est accentué par les transitions plutôt longues entre les épisodes. Toutefois, les projections sur le décor des deux protagonistes filmés en train de se changer en coulisse sont réussies. 

Avec le fleuve en toile de fond, la fin est belle. Presque poétique, contrairement au reste. De quoi redonner un peu d’espoir à ceux et celles qui seraient encore tentés de croire en l’amour ou d’apaiser ceux et celles pour qui cet idéal a bel et bien été relégué aux oubliettes.  

  • «Scènes de la vie conjugale» est présentée jusqu’au 8 mai au Théâtre de Quat’Sous.