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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la SQDC

Jean Francois Bergeron SQDC
Photo Simon Clark Le pdg de la SQDC Jean-François Bergeron et moi croqués sur le vif lors d'une grande discussion le 20 février dernier à l'Assemblée nationale.

Coup d'oeil sur cet article

Quel weed est le plus populaire chez les Québécois? Combien gagne le PDG Jean-François Bergeron ? Quand pourra-t-on acheter du hasch ? Maxime Bernier fume-t-il de la drogue?

Dans ce billet de blogue, je me transforme en Louise Deschatelêts du weed pour répondre à toutes vos questions sur la Société québécoise du cannabis.

Méthodologie :

Sur la page Facebook de Cannabis 101, j’ai demandé aux lecteurs de me poser leurs questions. Grâce à mon programme d’analyse dont les serveurs sont basés dans la zone 51 au Nevada, j’ai pu filtrer les commentaires désobligeants pour ne garder que les vraies questions.
J’ai aussi appliqué un filtre pour censurer les sacres qui ont donc été remplacés par le mot « pouliche », question d’être PG 13. J’ai aussi corrigé les fautes pour faciliter la lecture.
Pour trouver les réponses, j’ai épluché, les budgets, les études de crédit, posé des questions au PDG de la SQDC et au porte-parole Fabrice Giguère et dégoté des documents auprès de certaines petites souris bien au fait des dossiers.

Ne me remerciez pas, le plaisir du partage de la connaissance «cannabique» est ma pitance.     

****  

« Pourquoi c’est géré tout croche par le gouvernement et non pas partout ailleurs comme dans NOTRE pays, c’est-à-dire au privé avec des permis? Pourquoi on ne peut pas faire pousser, on est-tu si cabochon que ça, au Québec? [...] Pourquoi on ne peut pas acheter ailleurs que dans notre province même si c’est NOTRE pays? Ahh c’est surement parce que c’est de la pouliche de marde la SQDC, il faut absolument que les Québécois voient qu’ils se sont poulicher bord en bord. »

Ma réponse sera un peu celle-ci... le Canada étant une confédération, les provinces ont leurs propres compétences et sont libres de choisir le modèle de vente de cannabis qui leur conviennent. En tout, cinq provinces et territoires ont choisi un modèle public comme le Québec, six ont privilégié un modèle hybride et deux ont opté pour un modèle privé.

Le haschisch, c’est pour quand ? Et les produits comestibles?

Octobre pour le haschisch.
Quant aux produits comestibles, le gouvernement caquiste doit adopter un règlement d’ici là pour encadrer tout ça. On me dit que tout le monde travaille là-dessus. La SQDC n’a pas encore de discussion avec le gouvernement. 

Le PDG dit toutefois être en discussion avec les producteurs pour mieux connaître leurs produits. Mais ils seront pas tous prêts pour fournir en grande quantité dès octobre. Le pdg a aussi précisé que les produits seront introduits de façon très progressive à partir du mois d'octobre.  

J'ai l'impression que ce sera effectivement trèèès progressif. 


Pourquoi la SQDC ne fait pas des prix de gros comme la OCS (Ontario Cannabis Store)?

La loi sur l’encadrement du cannabis du Québec lui interdit.     

J’aimerais savoir s’ils ont l’intention de prioriser les microproducteurs québécois aux dépens des grosses compagnies avec lesquelles ils sont présentement associés.
Et aussi
Est-ce que la SQDC entend avoir une section dédiée aux microproducteurs? Ou à tout le moins prévoir une voie de distribution ou une quelconque distinction?

La SQDC entend laisser une place de choix aux producteurs québécois, peu importe la taille ou le modèle de production, dit Fabrice Giguère. «Cependant, nous devrons trouver un certain équilibre parce que nous devrons nous assurer d’être en mesure d’approvisionner sept jours sur sept un réseau qui comptera à terme plus d’une centaine de succursales», ajoute-t-il. Il précise aussi qu'il n'y pas de limite quant au nombre de producteurs avec qui la SQDC fera affaire.   

Bref, je comprends que, pour l'instant, même les gros producteurs n'arrivent pas à fournir à 100%, donc la SQDC ne va pas prendre le risque de miser uniquement sur les petits. Je comprends aussi qu'on ne veut pas s'avancer sur les sections dédiées. Comme ils n'ont pas le droit de faire de la promo, peut-être que ça pourrait être mal perçu par les inspecteurs du ministère de la Santé. Peut-pas.  

Mais l'arrivée des comestible les forcera à sortir de la section rigide Hydride, Sativa, Indica.     

J'ai aussi demandé à Fabrice s'ils étaient en discussion avec des microproducteurs et il m'a répondu que la Société avait des discussions avec tous les producteurs intéressés et qu'il n'y avait pas de distinction entre petit ou gros producteur. 

Quand va-t-on avoir un emballage moins catastrophique en terme de pollution de plastique?

La SQDC n’emballe pas les produits. La responsabilité revient aux producteurs qui, eux-mêmes, sont soumis aux règles de Santé Canada. Tout le monde se dit sensibilisé...à voir si ça va finir par changer. J’avais abordé le sujet dans cet article .

Je ne comprends pas pourquoi ils sont dans le rouge encore...

Au sujet des revenus de la SQDC, j’avais fait le point sur le sujet le jour de la présentation du budget de la CAQ en mars dernier.
La Société a un déficit de 4,9 millions cette année, lequel s’explique essentiellement par la mise sur pied du réseau. Elle a néanmoins rapporté 7,6 millions $ en taxe au gouvernement Legault.      

Québec prévoit, dans son budget, que la SQDC lui rapportera 20 millions $ pour 2019-2020 et la SQDC croit bien y arriver. En ajoutant à cela l’argent de la taxe d’accises, Québec devrait recevoir un total de près de 50 millions $. 

Pour 2020-2021, le gouvernement estime que la société d’État lui remettra 37 millions $, mais ne fait aucune prévision en ce qui concerne les taxes.
Concernant les ventes mensuelles, le meilleur mois est le mois d’avril, soit environ 2000 kilos. Selon des documents gouvernementaux obtenus par Le Journal, 1383 kg ont été vendus entre le 17 et le 31 octobre, 1905 kg en novembre et 1880 kg en décembre.

Quelles sont les variétés préférées de cannabis les plus populaires?

Hélio, Sativa de HEXO. Intensité moyenne
Jean Guy, Hybride de DUBON (Tilray) : intensité moyenne
Tangerine Dream, Sativa San Rafael(Medreleaf) : intensité moyenne
Sensi Star, Indica DUBON (Tilray) : intensité élevée
Lagune, Indica de HEXO : intensité moyenne

Au sujet des produits qui sont souvent en rupture de stock et de leur qualité, la SQDC dépend de ce que les producteurs arrivent à fournir. 

Sur les taux de THC, il n’y a pas de limite, mais la moitié de leurs produits sont d’intensité moyenne. L’offre reflète donc le caractère prudent de la SQDC. Aucune loi ou règlement ne limite les taux de THC qui peuvent être offerts.

Pourquoi la SQDC ne veut pas informer le public sur les vertus qu’un produit pourrait avoir pour certaines difficultés en santé? Les vrais patients du médical sont souvent laissés à eux-mêmes. Beaucoup de médecins québécois réfèrent leur patient à [la SQDC] sans savoir quel produit serait le plus approprié et la SQDC ne les guideront pas.

La SQDC ne veut pas et ne peut pas gérer le médical, c’est une décision gouvernementale. On se retrouve effectivement dans une situation où le médecin envoie ses patients à la SQDC et la SQDC les renvoie au ministère de la Santé, me dit M. Bergeron. Dans les faits, je sais qu’il y a des commis qui ont suggéré à ces patients d’aller dans les cliniques. Le hic est qu’elles ne sont pas encadrées et la qualité des services varie grandement. Certaines sont illégales et ont des pratiques douteuses.
La solution pourrait être de vendre du cannabis dans les pharmacies, mais c’est assez compliqué, car le règlement fédéral sur le cannabis médical précise que la seule méthode de distribution est la poste, du producteur au patient.
En décembre, la chaine Pharmaprix a obtenu une licence pour la vente en ligne. Bref, le gouvernement du Québec devrait ajouter un règlement pour autoriser une vente de médicale en pharmacie, mais ça pourrait contrevenir au règlement fédéral.     

Quelle est la valeur moyenne d’une transaction?  

Entre 50 et 60$. 58,21$ en octobre, 51,96$ en décembre par exemple. Le prix moyen en gramme par transaction était de 7$ en octobre, 7,95$ en décembre. Environ 80% des produits vendus le sont en succursale.

***

Lors de l’étude des crédits, les partis de l’opposition avaient aussi des questions pour la SQDC. Les voici, avec les réponses: 


Combien sont payés les patrons et combien dépensent-ils?

Voici trois tableaux tirés de l’étude des crédits budgétaires qui vous éclaireront.  

 

 

 

 

 

 


Combien rapporte la vente en ligne?

13,7 millions $ en 2018-2019. La SQDC a toutefois eu des dépenses de l’ordre de 11,2 millions.

Combien d’employés compte-t-on?

303 dont 248 conseillers en succursale. La masse salariale est de 4,9 millions $
En date du 31 mars, il y avait 15 employés de moins de 21 ans.
Les employés en succursale sont payés un gros 14$ de l’heure avec une belle progression (par belle je veux dire médiocre) de 25 cents de l’heure après 1040 heures travaillées. Après 2080, heures, ils passent à 14,50$. Tournée de shooter pour tous!

Quelle est la marge brute de la SQDC?

17,8% sur le cannabis séché
23, 1% sur les huiles
Total : 18,6%

Quelle formation les employés suivent-ils?

Dès leur embauche, les employés reçoivent 20 heures de formation. Ils doivent ensuite suivre une formation continue. J’avais écrit sur ce sujet ici .

Ah oui et finalement, à propos de Maxime Bernier: il dit qu’il n’a jamais consommé de cannabis. (Ça n'a rien à voir avec la SQDC mais je trouvais important d'en parler vu que plusieurs personnes se posaient la question.)