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Washington retire d’Irak une partie de ses diplomates sur fond d’escalade avec l’Iran

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AFP

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Les États-Unis ont rappelé mercredi une partie de leur personnel diplomatique non essentiel en Irak en pleine escalade des tensions avec l’Iran voisin, une situation à hauts risques qui a poussé d’autres pays à prendre des mesures de précaution.  

Peu après la décision de Washington, les armées allemande et néerlandaise ont en effet annoncé avoir suspendu jusqu’à nouvel ordre leurs opérations de formation militaire en Irak. Berlin, qui déploie actuellement quelque 160 instructeurs sur place, a invoqué une « vigilance accrue », tandis que La Haye, qui dispose de 50 instructeurs, a évoqué des «menaces».  

L’administration américaine de Donald Trump a fait monter la pression sur Téhéran ces derniers jours et a ostensiblement renforcé sa présence militaire dans le Golfe, faisant état de préparatifs iraniens d’attaques « imminentes » contre des intérêts américains dans la région.  

Dans une alerte de sécurité, le département d’Etat explique avoir donné l’ordre de partir au personnel américain gouvernemental non essentiel de l’ambassade à Bagdad ainsi que du consulat à Erbil, au Kurdistan irakien, « en raison du flux de menaces accru ».  

« Les services habituels de visa dans les deux postes sont temporairement suspendus », ajoute la diplomatie américaine, prévenant avoir désormais « une capacité limitée pour fournir des services d’urgence aux citoyens américains en Irak ».  

Le département d’État explique dans son avis déconseillant aux voyageurs de se rendre en Irak que « de nombreux groupes terroristes et rebelles sont actifs » et « attaquent régulièrement les forces de sécurité irakiennes comme les civils ». « Des milices confessionnelles anti-américaines peuvent également menacer les citoyens américains et les compagnies occidentales dans tout l’Irak », ajoute-t-il.  

Une alerte de sécurité de l’ambassade des États-Unis au Liban appelle aussi les Américains à la « vigilance » face aux « tensions accrues dans la région ».  

Si le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a assuré la veille à Moscou que les États-Unis ne cherchaient « pas une guerre avec l’Iran », le Kremlin s’est dit mercredi inquiet de cette « escalade des tensions » qui « se poursuit », accusant Washington de « provoquer » Téhéran.  

En réponse, le ministre de la Défense iranien Amir Hatami a assuré que son pays sortirait « la tête haute » de cette confrontation, promettant au « front américano-sioniste » composé selon lui par les États-Unis et leurs alliés israéliens d’ » éprouver le goût amer de la défaite ».  

Le guide suprême de la République islamique d’Iran, Ali Khamenei, avait toutefois assuré mardi qu’il « n’y aurait pas de guerre » avec les États-Unis.  

« Pas d’aggravation »  

Mike Pompeo avait effectué la semaine dernière une visite surprise à Bagdad pour, avait-il expliqué, partager avec les dirigeants irakiens « les informations qui indiquent une escalade des activités de l’Iran ».  

Au terme de sa visite, il a déclaré avoir reçu leur « assurance » qu’ils « comprenaient que c’était leur responsabilité » de « protéger de manière adéquate les Américains dans leur pays ».  

Face à ces menaces iraniennes présumées, aux contours encore flous, le Pentagone n’a cessé de renforcer sa présence dans la région depuis dix jours, dépêchant sur place un porte-avions, des bombardiers B-52, un navire de guerre et une batterie de missiles Patriot.  

Le général Chris Ghika, un porte-parole britannique de la coalition internationale, sous commandement américain, présente en Irak et Syrie pour lutter contre les jihadistes a toutefois démenti mardi toute « aggravation de la menace posée par les forces pro-iraniennes », plongeant l’administration Trump dans l’embarras.  

Ces propos « contredisent les menaces crédibles reçues des services de renseignement américains et alliés concernant les forces pro-iraniennes dans la région », a rétorqué le Pentagone.  

Selon le New York Times, le ministre américain de la Défense, Patrick Shanahan, a présenté à des conseillers de Donald Trump un plan selon lequel jusqu’à 120 000 hommes pourraient être envoyés au Moyen-Orient si l’Iran attaquait des forces américaines. Un projet démenti par le président des États-Unis, qui a toutefois prévenu: « Si nous devions le faire, nous enverrions beaucoup plus d’hommes que ça ».  

Autres sources de tensions, de mystérieux « actes de sabotage » de quatre navires au large des Émirats arabes unis, dont les auteurs restent inconnus, et une attaque de drones contre des stations de pompage de pétrole en Arabie saoudite qui a été revendiquées par les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran.  

Cette menace contre les intérêts saoudiens, premiers exportateurs mondiaux de pétrole, n’a à ce stade eu qu’un impact limité sur le cours du brut.