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WiFi et grossesse: les ondes électromagnétiques sont-elles dangereuses?

Sans les prouver, des études tendent à démontrer les risques liés à l’utilisation des routeurs WiFi sur la santé, notamment pour les bébés.

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Vladimir Melnik - stock.adobe.com

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Sans les prouver hors de tout doute, des études tendent à démontrer les risques liés à l’utilisation des routeurs WiFi sur la santé, notamment pour les bébés en gestation. À défaut de preuves béton, on applique le principe de précaution. 

Cela fait plusieurs décennies que les scientifiques et chercheurs étudient les effets du spectre électromagnétique sur la biologie, la nôtre en particulier, et ce bien avant que les mots «téléphones cellulaires» ou «WiFi» ne naissent dans les rapports scientifiques. 

Depuis que je couvre l’actualité techno depuis 2001 – de la première vague cellulaire des BlackBerry et des Nokia jusqu’à la seconde vague des téléphones intelligents d’Apple et Android –, on ne compte plus les études cherchant à prouver la toxicité des appareils réseau sans fil. 

D’un côté, on retrouve les grandes organisations comme l’OMS (l’Organisation mondiale de la santé) ou Santé Canada qui affirment que les fréquences des appareils WiFi et sans fil ne posent aucun danger pour les femmes enceintes. 

Et, de l’autre, une foule d’associations et d’organismes santé qui voient dans les technologies sans fil un potentiel de nocivité pour ces dernières et les jeunes enfants. 

Dans le collimateur, les fréquences électromagnétiques des lignes électriques, les fréquences sans fil, les appareils micro-ondes et, dernière bête noire, le signal WiFi. 

Valeur des études 

De nombreux sites grand public comme magicmaman.com rapportent des études sur les effets des fréquences WiFi, mais très peu en révèlent la procédure. 

Sur son site, l’OMS présente une intéressante recherche canadienne sur la communication et la perception des risques des champs et fréquences électromagnétiques. 

Comme l’étude Mild, Braune and Bastide en Grande-Bretagne sur l’utilisation des téléphones portatifs et les maux de tête qui a vite été reprise par les médias. 

Celle-ci rapportait un lien entre l’utilisation d’un téléphone mobile et les variations de pression sanguine. 

De tous les médias du pays, une seule avait rapporté que l’étude Mild avait été réalisée sur seulement... dix personnes. 

Qu’en est-il du rayonnement ionisant WiFi ? 

« Les membres du public ont du mal à évaluer l’importance de ces études ou à prendre une décision éclairée quant à leur importance s’ils ne comprennent pas la façon dont ils ont été conduits et dépendent de l’interprétation des médias » selon les chercheurs canadiens, pour l’OMS. 

Sans faire l’inventaire de toutes les recherches sur le sujet, rappelons quelques faits physiques sur le rayonnement. 

Plus la fréquence des ondes augmente dans le spectre, plus elle se comporte comme la lumière. C’est pourquoi les fréquences relativement élevées de ces ondes WiFi (2,4 et 5 GHz) les font mal traverser les murs. 

En outre, la puissance émise par les équipements WiFi (~30 milliwatts) est vingt fois moindre que celle émise par les téléphones mobiles (~600 milliwatts) pour atteindre la tour cellulaire la plus proche. 

Dans la même veine, les routeurs WiFi ne sont pas physiquement à quelques centimètres des personnes, mais plutôt distants de plusieurs dizaines de mètres. 

À seulement une dizaine de centimètres, la densité de puissance du signal est déjà fortement atténuée. 

« Une personne assise pendant un an près d’un routeur WiFi reçoit la même dose d’ondes qu’une personne qui utilise son téléphone portatif pendant 20 minutes », selon l’agence Health Protection Agency, en Grande-Bretagne. 

Devant la prolifération d’études, leurs auteurs parlent au conditionnel de risques potentiels sur l’exposition des fréquences WiFi. 

Réduire son exposition au WiFi ? Facile ! 

Dans le doute, on applique le principe de précaution qui se définit ainsi : « lorsqu’il y a un risque de dommage grave ou irréversible, l’absence de certitude scientifique complète ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir une dégradation de l’environnement » (GDT).  

À la maison 

Dans le schéma routeur et appareils connectés en WiFi (téléphones et baladeurs), il convient de distinguer l’émetteur et le récepteur dans une utilisation courante. Dans ce cas-ci, votre téléphone intelligent est en grande partie récepteur de données sans fil. Le routeur, lui, est évidemment émetteur. 

Plus les appareils sans fil et téléphones sont éloignés, plus le routeur doit augmenter sa puissance pour les rejoindre. 

Il importe donc de bien le placer chez soi afin qu’il utilise un minimum de puissance pour les alimenter en données. 

Sa position dans la maison doit être la plus centrale possible et présenter le moins d’obstacles (murs, planchers). 

Cela suppose aussi adopter de bonnes habitudes 

Pour gros téléchargements et les mises à jour, on place le téléphone tout juste à côté du routeur pendant quelques minutes. 

Encore mieux si on passe par la synchronisation avec l’ordinateur, lequel est, bien sûr, connecté au routeur par un câble réseau Ethernet. 

De la même manière, les appareils informatiques fixes (ordinateurs de bureau et portatifs et les imprimantes réseau) peuvent eux aussi être connectés par câble réseau Ethernet. 

Téléviseurs connectés 

Les téléviseurs numériques et les décodeurs de télé Internet comme les populaires appareils du fabricant Roku sont aussi de grands consommateurs de données Internet. Ils possèdent à la fois des ports réseau Ethernet et des capacités WiFi. 

Dans leur cas, on évite le flot continu de données WiFi pendant de longues heures à domicile en optant là encore la solution câblée. 

Quant aux décodeurs de streaming, préférez les modèles câblés pour réduire à zéro la propagation micro-ondes des fréquences 2,4 et 5 GHz. 

Autre avantage non négligeable, la solution câblée vous évite le tracas de connexion (identifiant réseau et mot de passe). Suffit de brancher le câble au routeur et au décodeur ou au téléviseur, et le tout est prêt à fonctionner. 

C’est ce que je fais pour mon Roku Ultra, je branche un long câble réseau de 50 pi avant chaque utilisation, – qualité du signal numérique et fiabilité assurées à 100 %. 

En voiture 

La cage de Faraday qu’est la voiture est à considérer. 

Sa coque métallique limite énormément la sortie du signal jusqu’à la tour cellulaire la plus proche. 

Bref, votre voiture se transforme en un « bain » de micro-ondes avec pour seule sortie la surface vitrée. 

Pire encore si votre téléphone en connexion partagée sert de routeur WiFi pour les téléphones et tablettes des enfants assis derrière. 

L’idéal, c’est le mode avion, donc aucune connexion cellulaire ni distractions possibles pendant la conduite... mais ces derniers risquent de grincer. 

Sinon, il y a la solution des produits SureCall (mes essais du modèle N-Range ici et de son prédécesseur Fusion2Go), dont le principe est aussi efficace que simple : votre téléphone se connecte sur une petite antenne intérieure elle-même reliée par câble à l’antenne extérieure. 

Avantages : la connexion et la puissance sans fil sont réduites au strict minimum entre les deux premiers, tandis que la troisième est idéalement située à l’extérieure sur le toit pour se connecter aux tours cellulaires. 

4,68 milliards d’utilisateurs 

Si on résume le tout, on dessert les appareils fixes gros consommateurs de données par des câbles réseau Ethernet jusqu’au routeur, de sorte qu’il n’y a que les petits appareils mobiles à être couverts par le réseau sans fil WiFi. 

Et si on suppose que les 4,68 milliards de propriétaires de téléphones dans le monde utilisent aussi le WiFi à domicile ou au travail et que les dangers liés à leur utilisation étaient réellement néfastes pour la santé, et bien cela ferait longtemps que nos appareils favoris auraient acquis un statut identique celui des cigarettes cancérigènes.